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Accident de la route : ce que révèlent les chiffres 2025


1. Un bilan 2025 en légère dégradation


Selon le bilan provisoire publié par l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR) le 30 janvier 2026, 3 513 personnes sont décédées sur les routes françaises (métropole + outre‑mer) en 2025. Ce bilan est en hausse de +2,4 % par rapport à 2024, mais globalement stable par rapport à 2019, année de référence hors effet Covid. (onisr.securite-routiere.gouv.fr)
En France métropolitaine uniquement, 3 260 personnes ont perdu la vie sur la route en 2025, soit 67 décès de plus qu’en 2024 (+2,1 %). Le nombre total de blessés est estimé à 244 000, en hausse de +3,4 %, dont environ 16 600 blessés graves (+4 %). (onisr.securite-routiere.gouv.fr)
Autrement dit, la mortalité routière se ressaisit à la hausse alors même que la France se situe depuis deux ans sous la barre symbolique des 3 200 morts, avec 3 190 tués en 2024 d’après le bilan provisoire publié début 2025. (interieur.gouv.fr)


2. Un contraste métropole / outre‑mer marqué


L’analyse géographique met en évidence un contraste persistant entre métropole et outre‑mer.
France métropolitaine : 3 260 décès en 2025, soit une hausse de +2,1 % par rapport à 2024, mais un niveau proche de 2019. (onisr.securite-routiere.gouv.fr)
Outre‑mer : 253 décès, soit +6 % par rapport à 2024, pour un niveau globalement équivalent à celui de 2019. (onisr.securite-routiere.gouv.fr)
Dans le détail, les départements et régions d’outre‑mer enregistrent 179 décès (+12 % par rapport à 2024), tandis que les collectivités d’outre‑mer et la Nouvelle‑Calédonie totalisent 74 décès, en baisse (–6 % et –20 % respectivement). (onisr.securite-routiere.gouv.fr)
Ces écarts interrogent sur l’adaptation des politiques de prévention, des contrôles et des infrastructures aux spécificités locales (topographie, réseau routier, niveau d’équipement des véhicules, offre de transports collectifs…).


3. Où se produisent les accidents mortels ?


La ventilation par type de réseau confirme la sur‑représentation des routes hors agglomération dans la mortalité routière :
61 % des décès et 49 % des blessés graves surviennent sur routes hors agglomération.
1 981 personnes y sont décédées en 2025, soit 57 de plus qu’en 2024 (+3 %). (onisr.securite-routiere.gouv.fr)
En agglomération, la mortalité baisse légèrement : 1 016 décès (–14 par rapport à 2024, soit –1 %).
Sur autoroute, en revanche, la mortalité est en forte hausse : 263 décès (+24, soit +10 %). (onisr.securite-routiere.gouv.fr)
Ce profil est cohérent avec les baromètres mensuels 2025 : par exemple, en juillet 2025, l’ONISR observe une augmentation des tués sur tous les réseaux (hors agglomération, autoroute, agglomération) par rapport à juillet 2024. (onisr.securite-routiere.gouv.fr)


4. Qui sont les victimes ? L’angle âge et genre
Une surmortalité masculine toujours massive


En 2025, sur les 3 260 personnes décédées en métropole, 2 526 sont des hommes et 734 des femmes : les hommes représentent 77 % des personnes tuées. Cette proportion est stable depuis plusieurs années (un peu plus de 77 % depuis 2018). (onisr.securite-routiere.gouv.fr)
Cette surreprésentation se retrouve pour tous les modes de déplacement, mais avec des amplitudes différentes :
environ 58 % des piétons tués sont des hommes ;
74 % des tués en véhicules de tourisme sont des hommes ;
93 % des tués en deux‑roues motorisés sont des hommes. (onisr.securite-routiere.gouv.fr)
Les blessés graves : un enjeu générationnel
Les 16 600 blessés graves estimés pour 2025 révèlent un double enjeu : jeunesse et vieillissement. (onisr.securite-routiere.gouv.fr)
Moins de 35 ans : 47 % des blessés graves
0‑13 ans : 800 blessés graves, en hausse de +13 % vs 2024 et +4 % vs 2019.
14‑17 ans : 1 600 blessés graves (+4 % vs 2024 ; +10 % vs 2019).
18‑24 ans : 2 800 blessés graves (+1 % vs 2024 ; stable vs 2019).
25‑34 ans : 2 500 blessés graves (+3 % vs 2024 ; –4 % vs 2019).
35‑64 ans : 36 % des blessés graves
35‑44 ans : 2 000 blessés graves (+5 % vs 2024 ; +2 % vs 2019).
45‑54 ans : 2 000 blessés graves (+3 % vs 2024 ; –7 % vs 2019).
55‑64 ans : 2 000 blessés graves (+10 % vs 2024 et 2019).
65 ans et plus : 17 % des blessés graves, mais une forte vulnérabilité
65‑74 ans : 1 400 blessés graves (+2 % vs 2024 ; +6 % vs 2019).
75‑84 ans : 1 000 blessés graves (+4 % vs 2024 ; +15 % vs 2019).
85 ans et plus : 300 blessés graves (–1 % vs 2023 ; –9 % vs 2019). (onisr.securite-routiere.gouv.fr)
L’ONISR estime qu’environ 22 300 blessés conserveront des séquelles un an après l’accident, dont 50 % ont moins de 35 ans. (onisr.securite-routiere.gouv.fr)
D’un point de vue de droit de la santé et de la réparation du dommage corporel, ces chiffres soulignent l’ampleur des enjeux liés à la prise en charge des traumatismes (rééducation, perte de capacités fonctionnelles, insertion professionnelle, autonomie…).


5. Les modes de déplacement : la montée des usagers vulnérables


L’une des évolutions majeures des dernières années, renforcée en 2025, est la part croissante des « usagers vulnérables » (non carrossés) dans la mortalité et la morbidité routières. (onisr.securite-routiere.gouv.fr)
Les occupants de voitures représentent désormais moins de la moitié des personnes tuées (48 %).
Les usagers de deux‑roues motorisés comptent pour 23 % des personnes tuées, 32 % des blessés graves et 36 % des blessés qui garderont des séquelles, pour moins de 2 % du trafic motorisé.
Les cyclistes et utilisateurs d’engins de déplacement personnel motorisés (EDPm) (trottinettes, etc.) représentent 8 % de la mortalité, 21 % des blessés graves et 32 % des blessés à séquelles. (onisr.securite-routiere.gouv.fr)
En 2025, parmi les 3 260 personnes tuées en métropole :
1 563 sont des occupants de véhicules de tourisme ;
691 des usagers de deux‑roues motorisés ;
501 des piétons ;
234 des cyclistes ;
80 des utilisateurs d’EDPm. (onisr.securite-routiere.gouv.fr)
L’augmentation globale de la mortalité en 2025 est largement portée par :
la hausse des décès de piétons (+45 par rapport à 2024) ;
l’augmentation des tués occupants de voitures (+45 par rapport à 2024, tout en restant inférieurs à 2019) ;
l’explosion de la mortalité des utilisateurs d’EDPm (+35 tués par rapport à 2024 et +70 par rapport à 2019). (onisr.securite-routiere.gouv.fr)


6. Les dynamiques infra‑annuelles : un risque accru sur certains mois


Les baromètres mensuels 2025 mettent en évidence des variations importantes selon les mois, qui intéressent directement les stratégies de prévention ciblée (campagnes, contrôles, aménagements).
Janvier 2025 : 203 décès en métropole, soit une baisse de –17 % par rapport à janvier 2024 (245 décès). Baisse marquée pour les automobilistes, les deux‑roues motorisés et les cyclistes, mais hausse pour les piétons. (interieur.gouv.fr)
Mai 2025 : 276 décès, contre 242 en mai 2024 (+14 %), avec une hausse de la mortalité sur tous les réseaux et une progression nette des tués en deux‑roues motorisés (82 tués, +19) et des 24‑65 ans. (lot.gouv.fr)
Juillet 2025 : 338 décès en métropole contre 275 en juillet 2024, soit une forte hausse, confirmée par le ministère de l’Intérieur et l’ONISR ; le nombre de tués augmente pour les automobilistes, piétons et cyclistes, et sur tous les réseaux routiers. (interieur.gouv.fr)
Ces pics saisonniers s’inscrivent dans un contexte de reprise de la mobilité (trajets domicile‑travail, loisirs, tourisme), mais aussi de diffusion de nouveaux usages (EDPm, vélo en ville, motorisation importante des jeunes adultes).